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Laura Michaud

Laura Michaud est Responsable Marketing chez Wainhouse. Spécialisée en stratégie de marque et communication RH, elle conçoit des campagnes engageantes qui valorisent à la fois les entreprises et les talents.

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Après 55 ans, la rupture conventionnelle ouvre droit à une indemnité au moins égale à l’indemnité légale de licenciement et à l’allocation chômage (ARE), avec une durée d’indemnisation nettement plus longue : jusqu’à 685 jours entre 55 et 56 ans, et 822 jours à partir de 57 ans. Vous pouvez aussi, sous conditions, conserver l’ARE jusqu’à votre retraite à taux plein. La procédure reste identique à celle des autres salariés, mais l’articulation entre indemnité, chômage et retraite se prépare bien avant la signature.

Rupture conventionnelle après 55 ans : ce qui change vraiment

Salariée senior en entretien de rupture conventionnelle avec son employeur

La rupture conventionnelle met fin à votre CDI d’un commun accord avec votre employeur. Aucun texte ne fixe d’âge limite ni de règle particulière propre aux seniors dans la procédure elle-même. Ce sont les conséquences financières qui diffèrent, pas les formalités.

Une procédure identique pour tous les salariés

Vous et votre employeur signez une convention après au moins un entretien, puis chacun dispose d’un délai de rétractation de 15 jours calendaires. La convention part ensuite à la DREETS pour homologation, qui dispose de 15 jours ouvrables pour se prononcer. Ce parcours est le même à 30 ans qu’à 58 ans, et vous pouvez retrouver le détail dans notre guide des démarches de la rupture conventionnelle.

Les vrais enjeux après 55 ans

Passé 55 ans, trois leviers se combinent et méritent votre attention. L’indemnité de départ peut être plus élevée grâce à votre ancienneté, la durée d’indemnisation chômage est allongée, et l’horizon de la retraite se rapproche. Bien articulés, ces trois éléments peuvent couvrir la période qui vous sépare d’une retraite à taux plein.

Quelle indemnité pour un salarié de plus de 55 ans ?

Aucune majoration légale n’est prévue du seul fait de votre âge. En revanche, votre ancienneté, souvent conséquente à ce stade de carrière, pèse directement sur le montant minimal garanti.

Le calcul de l’indemnité minimale

L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement. Cette dernière se calcule sur votre salaire de référence et votre ancienneté, selon deux paliers.

  • 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté, jusqu’à 10 ans.
  • 1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté, au-delà de 10 ans.

Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois. Après 55 ans, une carrière de 25 ou 30 ans chez le même employeur peut donc peser plusieurs mois de salaire.

L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut jamais descendre sous l'indemnité légale de licenciement, même d'un seul euro.

Majorer l’indemnité : convention et négociation

Votre convention collective prévoit parfois une indemnité conventionnelle de licenciement supérieure au minimum légal. Dans ce cas, ce montant plus avantageux devient le plancher de votre rupture conventionnelle. Vérifiez votre convention avant toute discussion, car cet écart se chiffre souvent en milliers d’euros.

La rupture conventionnelle reste par nature négociée. Rien ne vous interdit de demander une indemnité supérieure au plancher, en argumentant sur votre ancienneté, votre expertise ou la difficulté de retrouver un poste après 55 ans.

Impôt et cotisations sur l’indemnité

Tant que vous n’êtes pas en droit de liquider votre retraite à taux plein, l’indemnité est exonérée d’impôt sur le revenu dans certaines limites. Elle échappe aussi aux cotisations sociales sous un plafond, avec une contribution CSG-CRDS sur une partie du montant. Attention : si vous pouvez déjà partir à la retraite à taux plein au moment de la rupture, l’indemnité devient imposable en totalité, un point que beaucoup de seniors découvrent trop tard.

Chômage : une durée d’indemnisation allongée

La rupture conventionnelle ouvre bien les droits à l’ARE, comme un licenciement. C’est sur la durée d’indemnisation que votre âge fait la vraie différence.

La durée de l’ARE selon votre âge

Durée maximale de l'ARE selon l'âge en 2026

Depuis la convention d’assurance chômage applicable au 1er avril 2025, les bornes d’âge des seniors ont été décalées de deux ans pour accompagner le report de l’âge de la retraite. La durée maximale d’indemnisation dépend de votre âge à la fin du contrat.

Âge à la fin du contratDurée maximale d’ARE
Moins de 55 ans548 jours (18 mois)
55 à 56 ans685 jours (22,5 mois)
57 ans et plus822 jours (27 mois)

Ces durées intègrent déjà le coefficient contracyclique, qui réduit de 25 % la durée de base tant que le chômage reste sous le seuil fixé. Retenez ce point souvent ignoré : entre 55 et 56 ans, vous n’atteignez pas encore les 822 jours, réservés aux 57 ans et plus. Ces règles sont détaillées sur service-public.gouv.fr.

822 jours d'ARE, soit 27 mois : c'est la durée maximale d'indemnisation, ouverte seulement à partir de 57 ans.

Le maintien de l’ARE jusqu’à la retraite

Un dispositif spécifique peut prolonger votre allocation au-delà de la durée normale, jusqu’à ce que vous atteigniez le taux plein. Pour en bénéficier, vous devez notamment être indemnisé depuis au moins un an à l’âge légal, justifier d’une certaine durée d’affiliation à l’assurance chômage et d’un nombre suffisant de trimestres. France Travail vérifie ces conditions au cas par cas.

Ce maintien s’arrête dès que vous réunissez les trimestres nécessaires au taux plein, et au plus tard à 67 ans, âge du taux plein automatique. Les conditions précises figurent sur la fiche officielle du maintien de l’ARE.

Rupture conventionnelle et retraite : les points de vigilance

Quitter votre emploi à 56 ou 57 ans ne vous éloigne pas forcément d’une bonne retraite. À condition de comprendre comment le chômage indemnisé s’articule avec vos trimestres.

Valider des trimestres pendant le chômage

Les périodes de chômage indemnisé comptent pour votre retraite de base sous forme de trimestres assimilés. Le rythme est d’un trimestre validé par tranche de 50 jours indemnisés, dans la limite de 4 par an. Plusieurs éléments méritent votre vigilance.

  • Les trimestres assimilés valident la durée mais ne rapportent pas de nouveaux revenus au calcul du salaire annuel moyen.
  • Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, des points sont attribués pendant la période indemnisée.
  • Une interruption de chômage sans indemnisation ne valide plus de trimestres à ce titre.

Exemple chiffré : le cas de Martine, 57 ans

Martine signe une rupture conventionnelle à 57 ans après 28 ans d’ancienneté, avec un salaire de référence de 3 000 euros. Son indemnité minimale atteint environ 8,5 mois de salaire (2,5 mois pour les 10 premières années, puis un tiers de mois sur 18 ans), soit environ 25 500 euros, souvent revalorisés par la convention collective.

Côté chômage, elle ouvre droit à 822 jours d’ARE, soit environ 27 mois. Ces deux ans et demi d’indemnisation la conduisent presque jusqu’à son âge légal de départ, et le dispositif de maintien peut couvrir le reste jusqu’au taux plein. En anticipant, Martine relie sa fin de carrière à sa retraite sans trou de revenu.

Questions fréquentes

Peut-on faire une rupture conventionnelle juste avant la retraite ?

Oui, rien ne l’interdit. Attention toutefois : si vous pouvez déjà liquider votre retraite à taux plein, l’indemnité devient entièrement imposable et France Travail peut refuser l’ARE.

La rupture conventionnelle après 55 ans donne-t-elle droit au chômage ?

Oui, elle ouvre les droits à l’ARE au même titre qu’un licenciement, dès lors que vous remplissez les conditions d’affiliation. Votre âge allonge simplement la durée d’indemnisation.

Combien de temps touche-t-on le chômage à 57 ans ?

À partir de 57 ans, la durée maximale est de 822 jours, soit environ 27 mois. Entre 55 et 56 ans, elle est de 685 jours, environ 22,5 mois.

L’indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?

Elle est exonérée d’impôt dans certaines limites tant que vous n’avez pas atteint le taux plein. Au-delà de ces plafonds, ou si vous pouvez déjà partir à la retraite, la fraction concernée devient imposable.

Le chômage compte-t-il pour la retraite ?

Oui, les périodes de chômage indemnisé valident des trimestres assimilés, à raison d’un trimestre par tranche de 50 jours, dans la limite de 4 par an. Vous continuez aussi à cumuler des points de retraite complémentaire.

Faut-il négocier son indemnité de départ ?

La rupture conventionnelle étant un accord, vous pouvez demander plus que le minimum légal ou conventionnel. Notre modèle de lettre de rupture conventionnelle vous aide à cadrer votre demande.

Laura Michaud

Laura Michaud est Responsable Marketing chez Wainhouse. Spécialisée en stratégie de marque et communication RH, elle conçoit des campagnes engageantes qui valorisent à la fois les entreprises et les talents.

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