Vous ne pouvez partir sans préavis que dans des cas précis prévus par la loi (grossesse médicalement constatée, retour de congé maternité pour élever votre enfant) ou avec l’accord écrit de votre employeur. Dans les autres situations, un préavis reste dû. Sa durée n’est pas fixée par la loi mais par votre convention collective, votre contrat ou les usages de la profession. Voici un modèle de lettre prêt à remplir, un simulateur de dispense et le détail des cas qui vous libèrent réellement du préavis.
Le modèle de lettre de démission sans préavis

Une démission se prouve par écrit. La lettre reste courte, sans reproche ni justification, et indique clairement votre volonté de rompre le contrat. Si vous bénéficiez d’une dispense, mentionnez-en le motif pour éviter toute contestation sur la date de départ.
La lettre à recopier
Adaptez les champs entre crochets à votre situation, puis remettez la lettre en main propre contre décharge ou envoyez-la en recommandé avec accusé de réception. Conservez une copie datée.
Madame, Monsieur, Par ce courrier, je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de [votre poste], que j'occupe depuis le [date d'entrée]. En raison de [motif de dispense, par exemple mon état de grossesse médicalement constaté], je suis dispensé(e) d'effectuer un préavis. Mon contrat prendra donc fin dès la réception de ce courrier. [Sans dispense, remplacez le paragraphe ci-dessus par : je respecterai le préavis de [durée] prévu par ma convention collective. Mon dernier jour travaillé sera le [date].] Je vous remercie de m'adresser mon certificat de travail, mon solde de tout compte et mon attestation destinée à France Travail. Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées. [Prénom, nom, date et signature]
Les mentions à ne pas oublier
Quelques éléments sécurisent votre départ et évitent les malentendus sur la date de fin de contrat. Vérifiez chacun avant d’envoyer votre courrier.
- Votre intention claire de démissionner, sans ambiguïté ni condition.
- La date d’envoi, qui fait courir le préavis éventuel.
- Le motif de dispense si vous en invoquez un, avec l’article correspondant.
- La demande des documents de fin de contrat.
Puis-je partir sans préavis ?
Puis-je partir sans préavis ?
Indiquez votre situation, votre contrat et le préavis prévu : l'outil vous dit si vous bénéficiez d'une dispense de plein droit et, sinon, la date à laquelle vous pouvez partir.
Renseignez les champs puis lancez le calcul, le détail s'affiche ici.
Résultat indicatif, calculé dans votre navigateur. Aucune donnée n'est envoyée.
Le simulateur ci-dessous croise votre situation, votre type de contrat et le préavis prévu par vos textes. Il vous indique si vous relevez d’une dispense de plein droit et, à défaut, la date à laquelle vous pouvez quitter votre poste.
Comment lire le verdict du simulateur ?
Trois verdicts sont possibles selon votre cas. Ils ne remplacent pas la lecture de votre convention collective, qui peut prévoir des règles plus favorables.
- Dispense de plein droit : vous partez sans préavis, la loi vous y autorise.
- Dispense par accord écrit : votre départ immédiat dépend de l’acceptation de l’employeur.
- Préavis dû : le simulateur calcule votre dernier jour à partir de la durée saisie.
Les cas de dispense de préavis de plein droit

Seules quelques situations vous dispensent du préavis sans avoir à négocier. Elles sont limitativement prévues par le code du travail et ne se présument pas.
Grossesse et retour de congé maternité
Une salariée dont la grossesse est médicalement constatée peut rompre son contrat sans préavis et sans devoir d’indemnité de rupture. Cette règle figure à l’article L1225-34 du code du travail. Le certificat médical suffit à justifier le motif dans votre lettre.
À l’issue du congé de maternité ou d’adoption, le salarié qui veut élever son enfant peut lui aussi partir sans préavis, au titre de l’article L1225-66 du code du travail. La seule condition est d’informer l’employeur au moins quinze jours à l’avance. Aucune indemnité de rupture n’est due de ce fait.
L’accord de l’employeur
En dehors des cas légaux, votre employeur peut accepter que vous partiez sans effectuer votre préavis. Cet accord doit être écrit pour vous protéger. Vous n’êtes alors pas payé pour les jours non travaillés, et l’employeur ne peut pas vous réclamer d’indemnité.
Si votre objectif est surtout de quitter l’entreprise dans de bonnes conditions financières, comparez avec la rupture conventionnelle, qui ouvre droit au chômage. La démission, elle, y ouvre rarement droit.
Ce qui ne vous dispense pas
Beaucoup de motifs personnels ne créent aucune dispense automatique. Créer ou reprendre une entreprise, décrocher un nouveau poste ou préparer votre reconversion professionnelle ne vous libère pas du préavis. Dans ces cas, seul un accord de l’employeur peut raccourcir le délai.
CDI, CDD, période d’essai : quel préavis s’applique ?
La règle du préavis change selon la nature de votre contrat. Un même motif peut donc produire un résultat différent d’un salarié à l’autre.
En CDI, la loi ne fixe pas de durée
Pour un CDI, aucun texte général ne fixe la durée du préavis de démission. Selon l’article L1237-1, celle-ci résulte de la convention ou de l’accord collectif, du contrat, ou à défaut des usages de la localité et de la profession. Vérifiez donc votre convention collective avant d’annoncer une date.
À retenir : en CDI, le préavis de démission n'est pas prévu par la loi. Sa durée dépend de votre convention collective, de votre contrat ou des usages.
CDD et période d’essai
Le CDD ne se démissionne pas librement. La rupture anticipée n’est admise que dans des cas précis, et la période d’essai suit un délai de prévenance court fixé par la loi. Le tableau ci-dessous résume ces différences.
| Type de contrat | Règle applicable |
|---|---|
| CDI | Préavis selon la convention, le contrat ou les usages, sauf cas de dispense. |
| CDD | Pas de démission classique : rupture anticipée possible pour embauche en CDI, accord, faute grave, inaptitude ou force majeure. |
| Période d’essai | Délai de prévenance de 24 h ou 48 h selon votre temps de présence. |
Questions fréquentes
L’employeur peut-il refuser ma démission ?
Non, la démission est un droit du salarié que l’employeur ne peut pas refuser. Il ne peut pas non plus l’ignorer pour retarder votre départ. Vous pouvez le confirmer sur la fiche service-public sur la démission.
Faut-il justifier une démission sans préavis ?
Vous n’avez pas à préciser le motif de votre démission. En revanche, si vous invoquez une dispense légale de préavis, indiquez-en le fondement dans votre lettre. Cela évite toute contestation sur votre date de départ.
Que risque-t-on en partant sans préavis ?
Partir sans préavis alors qu’il est dû, et sans accord, vous expose au versement d’une indemnité compensatrice à l’employeur. Son montant correspond au salaire des jours de préavis non effectués. Mieux vaut donc obtenir un accord écrit avant de quitter votre poste.
Peut-on négocier une dispense de préavis ?
Oui, rien n’interdit de demander à votre employeur une dispense totale ou partielle. Formulez la demande par écrit et attendez sa réponse avant de fixer votre dernier jour. Sans réponse claire, considérez que le préavis reste dû.
La démission sans préavis ouvre-t-elle droit au chômage ?
Une démission n’ouvre en principe pas droit à l’allocation chômage, qu’il y ait préavis ou non. Certaines démissions dites légitimes font exception, par exemple pour suivre un conjoint. Renseignez-vous auprès de France Travail avant de partir.




